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[1] « Quand fut arrivé le huitième jour, celui de la circoncision, l’enfant reçut le nom de Jésus, le nom que l’ange lui avait donné avant sa conception. Quand arriva le jour fixé par la loi de Moïse pour la purification, les parents de Jésus le portèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur, selon ce qui est écrit dans la Loi : Tout premier-né de sexe masculin sera consacré au Seigneur. Ils venaient aussi présenter en offrande le sacrifice prescrit par la loi du Seigneur : un couple de tourterelles ou deux petites colombes. Or, il y avait à Jérusalem un homme appelé Syméon. C’était un homme juste et religieux, qui attendait la Consolation d’Israël, et l’Esprit Saint était sur lui. L’Esprit lui avait révélé qu’il ne verrait pas la mort avant d’avoir vu le Messie du Seigneur. Poussé par l’Esprit, Syméon vint au Temple. Les parents y entraient avec l’enfant Jésus pour accomplir les rites de la Loi qui le concernaient. Syméon prit l’enfant dans ses bras, et il bénit Dieu en disant : « Maintenant, ô Maître, tu peux laisser ton serviteur s’en aller dans la paix, selon ta parole. Car mes yeux ont vu ton salut, que tu as préparé à la face de tous les peuples : lumière pour éclairer les nations païennes,et gloire d’Israël ton peuple. » Le père et la mère de l’enfant s’étonnaient de ce qu’on disait de lui. Syméon les bénit, puis il dit à Marie sa mère : « Vois, ton fils qui est là provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera un signe de division. - Et toi-même, ton coeur sera transpercé par une épée. - Ainsi seront dévoilées les pensées secrètes d’un grand nombre. » Il y avait là une femme qui était prophète, Anne, fille de Phanuel, de la tribu d’Aser. Demeurée veuve après sept ans de mariage, elle avait atteint l’âge de quatre-vingt-quatre ans. Elle ne s’éloignait pas du Temple, servant Dieu jour et nuit dans le jeûne et la prière. S’approchant d’eux à ce moment, elle proclamait les louanges de Dieu et parlait de l’enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem. Lorsqu’ils eurent accompli tout ce que prescrivait la loi du Seigneur, ils retournèrent en Galilée, dans leur ville de Nazareth. L’enfant grandissait et se fortifiait, tout rempli de sagesse, et la grâce de Dieu était sur lui. » — traduction pour la Liturgie catholique en langue française
[2] H.DENZINGER - A.SCHÖNMETZGER,
Enchiridion Symbolorum,
Definitionum et declarationum de rebus fidei et morum,
Herder, § 301-302.
[3] Saint Léon le grand fut un grand pape, il sut calmer un temps la fureur d’Attila, et organiser la solidarité en faveur des réfugiés. Il sut aussi veiller à la communion des Eglises au grand concile de Chalcédoine.
Saint Léon le Grand, constamment attentif à ses fidèles et au peuple de Rome, mais également à la communion entre les différentes Eglises et à leurs nécessités, fut le défenseur et le promoteur inlassable du primat romain, se présentant comme l’authentique héritier de l’Apôtre Pierre : les nombreux Evêques, en grande partie orientaux, réunis au Concile de Chalcédoine se montrèrent bien conscients de cela.
Se déroulant en 451, avec la participation de trois cent cinquante Evêques, ce Concile fut la plus importante assemblée célébrée jusqu’alors dans l’histoire de l’Eglise. […]
Le Concile de Chalcédoine - repoussant l’hérésie d’Eutichios, qui niait la véritable nature humaine du Fils de Dieu - affirma l’union dans son unique Personne, sans confusion ni séparation, des deux natures humaine et divine.
Cette foi en Jésus Christ, vrai Dieu et vrai homme, était affirmée par le Pape dans un important texte doctrinal adressé à l’Evêque de Constantinople, qui s’intitule Tome à Flavien, qui, lu à Chalcédoine, fut accueilli par les Evêques présents avec une acclamation éloquente, dont la description est conservée dans les actes du Concile : "Pierre a parlé par la bouche de Léon", s’exclamèrent d’une seule voix les Pères conciliaires.
Benoît XVI, audience générale du mercredi5 mars 2008
[4] forteresse médiévale du pays de Bigorre, ancêtre du château de Lourdes.
[5] De retour à Madrid, le jeune jean-Miguel Garrigues, alors étudiant aux Etats-Unis, vit une crise décisive : " Comme le jeune Ignace de Loyola blessé, je cherchais à m’évader dans la lecture(…).Alors, je sortis par hasar un livre qui s’intitulait Charles de Foucauld. Ce nom ne me disait rien car ma culture se limitait au catéchisme de l’enfance et à la littérature catholique du XXe siècle. Sur la couverture, il y avait la photo d’un moine en habit blanc, et ce moine me regardait. Quand mon regard croisa le sien, en un instant, je compris tout. Il arrive souvent, qu’à travers le regard ou la poignée de main d’une personne que je rencontre j’aie, par empathie, comme une perception de son monde intérieur. j’eus donc aussitôt la certitude que cet homme, qui portait une telle paix et une telle douceur dans le regard, avait trouvé ce que moi-même je désespérais de trouver. En même temps, je sus qu’il était habité par le Christ, et que c’était Lui qui me regardait à travers ce regard. Alors ma foi devint vive, je connus que j’étais aimé personnellement par le Christ, et j’y crus. Comme dit saint Jean, " nous avons connu l’amour que Dieu a pour nous et nous y avons cru" ( 1 Jn 4, 16).
Il me fallait découvrir au plus vite la vie de cet homme qui avait touvé le Christ et me le transmettait. J’appris dans ce livre qu’il avait été un jeune officier incroyant, qu’il avait fui dans la débauche l’angoisse du vide, qu’un jour il avait rencontré Dieu, qu’il était devenu trappiste, pour ensuite aller vivre jusqu’à sa mort comme ermite au Sahara au milieu des Touareg. L’existence de celui que l’Eglise devait proclamer plus tard bienheureux me montrait que le Christ, celui que le frère Charles de Jésus avait adoré dans l’eucharistie et servi dans les pauvres, pouvait suffire à combler le coeur humain et donner sens à la vie. Quand je fermai le livre, une grande paix s’était faite en moi et mon âme avait été rendue capable de percevoir la présence de Quelqu’un qui, sans sortir de l’invisible, était maintenant réellement là, dans l’obscurité de ma chambre. Il ne m’appelait pas, c’était plus radical : Il me montrait que je Lui appartenait depuis toujours et qu’Il venait d’achever de me révéler ce qu’il avait commencé à me dévoiler, comme une promesse de l’aube, quand j’avais onze ans, lors de ma retraite de confirmation à Rome. C’était comme si se refermait la parenthèse de mon adolescence, où je m’étais cherché tout seul. Mon enfance m’était redonnée comme une grâce qui engageait mon avenir d’adulte. Il n’y avait même pas à choisir, mais simplement à acqiescer librement à un mystère qui correspondait à mon identité la plus personnelle, celle qu’il dévoilait au plus intime de moi. Tout était d’une incroyable simplicité, car il ne demandait que l’acte d’humilité de me laisser aimer par lui. Accepter fut une délivrance et un immense soulagement. Je savais que ma vie lui appartenait désormais et que j’avais enfin trouvé le lieu de mon âme.
Après avoir dormi, je sortis dans la rue, pour la première fois depuis mon arrivée à Madrid, comme on sort d’un tombeau. J’allais paisiblement devant moi, marchant un peu au hasard, et je tombai vite sur une grande chapelle. Je voulais me confesser mais je ne pensais pas trouver de prêtre en une matinée de semaine. J’entrai néanmoins et, à ma grande stupeur, je vis le Saint Sacrement exposé dans un ostensoir sur le maître-autel.Jésus-eucharistie, que le père de Foucauld m’avait fait découvrir, venait à ma rencontre par cette exposition insolite en matinée. Je tombai à genoux et adorai en silence, puis je cherchai du regard un prêtre sans beaucoup d’espoir en raison de l’heure. Très étonné, j’en vis un qui attendait dans un confessionnal. J’allai vers lui, mais quand je m’agenouillai, je fus pris de sanglots si irrépressibles et prolongés qu’il me fut impossible de proférer un seul mot. Le prêtre devina mon état, me dit que ma contrition ne faisait pas de doute et me donna l’absolution en me demandant de revenir le lendemain pour faire mes aveux. Il m’invita à assister à la messe qu’il devait célébrer aussitôt et à y communier. Il me dit que nous étions le 11 Février, fête de Notre-Dame de Lourdes, et que cette église lui était consacrée, ce qui expliquait l’exposition du Saint Sacrement et sa propre présence au confessionnal. Je sus après, que ma mère, inquiète en me voyant partir si déstabilisé de Washington, avait commencé une neuvaine pour me confier à la Vierge de Lourdes, neuvaine qui se terminait ce jour-là."
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