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Spiritualité du travail et principe de subsidiarité. Parcours. P. Bonnet

De la théorie à l’application concrète, découvrez les bases de la doctrine sociale de l’Eglise, à travers ce parcours sur le principe de subsidiarité. Chef d’entreprise ou employé, responsable, dans le monde du travail ou dans les arcanes d’une association civile ou d’église, ce parcours vous sera d’une grande aide.

  • Rubrique spiritualité du travail et principe de subsidiarité, parcours P. (...)

    17 août 2009, par Anne
    Spiritualité du travail et principe de subsidiarité. Parcours. P. Bonnet De la théorie à l’application concrète, découvrez les bases de la doctrine sociale de l’Eglise, à travers ce parcours sur le principe de subsidiarité. Chef d’entreprise ou employé, responsable, dans le monde du travail ou dans les arcanes d’une association civile ou d’église, ce parcours vous sera d’une grande aide. Conçu comme une préparation à la lecture de l’encyclique " Caritas in Veritate", il vous permettra de mieux comprendre et appliquer ce que dit le pape Benoît XIV. Le principe de subsidiarité, clef de la Doctrine Sociale (...)
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  • Les hommes acteurs dans la stratégie de l’entreprise. P.Bonnet

    25 juin 2009, par Anne
    A l’occasion de la parution de Caritas in Veritate, nous vous proposons de découvrir " Les Hommes, Acteurs dans la stratégie de l’Entreprise", un livre du p. Bonnet qui récapitule toute son expérience en entreprise et donne des moyens et des instruments d’application concrète de la Doctrine Sociale de l’Eglise. Ce livre, accessible à tous, reprend une stratégie de l’entreprise qui a fait ses preuves ( l’auteur en fait foi !) sur le terrain. Yannick Bonnet a longtemps été directeur des ressources humaines de Rhône Poulenc. Destiné à des hommes d’action, ce livre permet aux hommes d’entreprise qui ont à (...)
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  • Le bien commun

    20 juin 2009, par Anne
    suite à la Justice sociale Vertu de justice et charité Nous avons montré que les droits de la personne humaine n’étaient respectés, que si chacun se faisait une obligation morale de les respecter. La vertu de justice incline l’homme à ce respect. Nous avons vu également que la justice ne peut se répondre totalement aux exigences de situations difficiles voir extrêmes. La solidarité et plus encore la charité permettent d’aller plus loin que la justice et concourent à bâtir une civilisation toujours plus conviviale. Cette justice sociale, cette solidarité, ces formes de charité qui dépassent le seul (...)
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  • la Justice sociale

    16 juin 2009, par Anne
    suite à Benoît XVI : "mondialiser la solidarité" La Justice sociale et la loi naturelle Le fondement de la Doctrine sociale de l’Eglise est ce qu’on appelle la loi naturelle et que toute personne de bonne volonté, attentive à la réalité, peut retrouver en écoutant et en éclairant sa conscience. Nous l’avons vu, l’Eglise se réfère sans cesse à cette loi naturelle, elle nous l’explique, s’en fait la garante et défend donc les droits de l’homme qui en découlent. Le pape Benoît XVI s’est lui aussi exprimé sur ce sujet en parlant du " droit naturel", de la loi naturelle et de la justice sociale en lien avec la (...)
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  • Benoît XVI : "mondialiser la solidarité"

    16 juin 2009, par Anne
    suite à L’Eglise a-telle quelque chance d’être entendue par ceux qui exercent les responsabilités économiques, sociales et politiques ? Dans la suite de notre article, nous vous proposons ces citations du Pape Benoît XVI sur le principe de subsidiarité et le principe de solidarité. Au moment où la publication de la prochaine encyclique sociale " Caritas in Veritate" devient de plus en plus imminente, il est bon de voir une fois de plus la continuité de la pensée de Jean-Paul II et celle de son successeur dans ce domaine, en réponse constructive à la crise financière et économique. Nous mettons donc (...)
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  • L’Eglise a-telle quelque chance d’être entendue par ceux qui exercent les (...)

    15 juin 2009, par Anne
    suite à Le rôle de l’entreprise pour être heureux au travail. P.Bonnet l’Eglise a-t-elle quelque chance d’être entendue, notamment par ceux qui exercent des responsabilités économiques, sociales ou politiques ? constat positif Si l’on se réfère au passé, on peut affirmer que le message a été entendu. Il a parfois provoqué l’irritation, parfois stimulé l’action, et pratiquement toujours retenu l’attention. L’action des catholiques sociaux, luttant pour plus de justice comme nous l’avons montré dans les précédants articles, l’encyclique Rerum Novarum prise comme référence par des syndicats non (...)
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  • Le rôle de l’entreprise pour être heureux au travail. P.Bonnet

    4 juin 2009, par Anne
    suite à Application concrète du principe de subsidiarité : conseils pour le subordonné voir aussi Les hommes acteurs dans la stratégie de l’entreprise. P.Bonnet Le rôle de l’entreprise L’entreprise est une communauté de personnes, une « cellule » de société, dont la vocation particulière est de fournir des biens et ou des services à des clients contre un paiement en retour. Elle peut se contenter de distribuer ces biens et services ou les produire elle-même, voir chercher, développer, innover mais, en tout état de cause, elle fait partie de l’économie marchande. Ceci ne l’empêche pas d’être en même temps (...)
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  • Application concrète du principe de subsidiarité : conseils pour le (...)

    30 mai 2009, par Anne
    suite à Application concrète du principe de subsidiarité : conseils pour le responsable Ceci nous amène à voir que les conditions que nous avons énoncées comme nécessaires pour une application durable du principe de subsidiarité concernent également le subordonné. Dans l’ordre spirituel, le subordonné doit aussi être humble, admettre qu’il ne sait pas tout, qu’il ne peut pas tout, accepter les conseils, la formation et les limites de son autonomie. Le subordonné doit faire confiance à son chef. Il doit espérer en lui-même, en sa capacité à grandir. Dans l’ordre moral, le subordonné doit être courageux (...)
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  • Application concrète du principe de subsidiarité : conseils pour le (...)

    30 mai 2009, par Anne
    suite à Autonomie, loi naturelle et principe de subsidiarité Dans cette partie de notre parcours, nous allons voir quelques éléments de mise en pratique du principe de subsidiarité, à appliquer dans nos cellules familiales, dans nos entreprises, nos paroisses, etc…il s’agit ici de conseils de base, établis à partir de l’expérience concrète. Puisse chacun y trouver une aide concrète ! Quelques conseils pratiques à l’usage des supérieurs…et des subordonnés. Il est bon maintenant de réfléchir aux conditions, qu’il est nécessaire d’établir, pour pouvoir appliquer le principe de subsidiarité. En effet, (...)
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  • Autonomie, loi naturelle et principe de subsidiarité

    19 mai 2009, par Anne
    suite à Organisation sociale et principe de subsidiarité Autonomie et droit fondamentaux de la personne humaine Le principe de subsidiarité vise à donner la plus grande autonomie tant aux personnes qu’aux groupements de personnes, c’est-à-dire la libre utilisation de pouvoirs les plus étendus possibles mais en précisant bien que toute autonomie est donnée dans un cadre dont les limites sont d’un côté le respect des droits fondamentaux de la personne humaine, et d’un autre côté, touchant aux contingences plus qu’à l’essentiel, les conditions qui permettent à l’oeuvre commune de se réaliser dans un (...)
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Notes

[1] TABLE DES MATIERES

première partie

POURQUOI CHANGER ? L’ENVIRONNEMENT ECONOMIQUE ET SOCIAL DES ENTREPRISES

CHAPITRE PREMIER : le Nouvel Etat économique et ses conséquences.p.1

CHAPITRE 2 : le nouvel Etat economique et la performance des hommes.p.9

CHAPITRE 3 : L’évolution de la société française. p.19

CHAPITRE 4 : L’évolution des entreprises françaises. p.27

CONCLUSION DE LA PREMIERE PARTIE.p.35

Deuxième partie

EN QUOI CHANGER ? L’ELABORATION D’UNE POLITIQUE SOCIALE ET HUMAINE D’ENTREPRISE

CHAPITRE 5 : Eléments d’une philosophie d’entreprise.p.39

CHAPITRE 6 : Eléments d’une politique sociale et humaine moderne.p.53

CHAPITRE 7 : Le rôle de la ligne hiérarchique.p.63

CHAPITRE 8 : Le rôle des syndicats.p.77

CHAPITRE 9 : Retour à la tête de l’entreprise.p.87

CONCLUSION DES DEUX PREMIERES PARTIES.p.95

Troisième partie

CONDUIRE LE CHANGEMENT

CHAPITRE 10 : Le développement personnel du responsable.p.99

CHAPITRE 11 : Constitution d’une équipe de direction cohérente pour conduire le changement.p.115

CHAPITRE 12 : Vers la démarche "projet d’entreprise".p.135

ANNEXE 1 : enquête par voie écrite.p.146

ANNEXE 2 : enquête par interview.p.147

ANNEXE 2 : Un exemple d’initiation à la démarche " projet d’entreprise".p.148

CHAPITRE 13 : La fonction humaine dans les entreprises.p.149

Chapître 14 : La gestion prévisionnelle et le développement des ressources humaines.p.169

CHAPITRE 15 : La démarche " qualité totale".p.179

ANNEXE : quelques cas de démarche " qualité totale" réussie.p.188

CHAPITRE 16 : la délégation, clef du changement.p.191

CHAPITRE 17 : Les structures dans le changement.p.205

CHAPITRE 18 : la formation, vecteur de la stratégie.p.221

ANNEXE : Un exemple de formation.p.233

CONCLUSION DE LA TROISIEME PARTIE.p.234

Quatrième partie

L’ENTREPRISE CITOYENNE.p.237

CONCLUSION GENERALE.p.247 BIBLIGRAPHIE GENERALE.p.249

[2] 1905 : Conformément à la nature sociale de l’homme, le bien de chacun est nécessairement en rapport avec le bien commun. Celui-ci ne peut être défini qu’en référence à la personne humaine : Ne vivez point isolés, retirés en vous-mêmes, comme si vous étiez déjà justifiés, mais rassemblez vous pour rechercher ensemble ce qui est de l’intérêt commun (Barnabé, ep. 4,10).

1906 : Par bien commun, il faut entendre "l’ensemble des conditions sociales qui permettent, tant aux groupes qu’à chacun de leurs membres d’atteindre leur perfection, d’une façon plus totale et plus aisée" (GS 26 cf. GS 74). Le bien commun intéresse la vie de tous. Il réclame la prudence de la part de chacun, et plus encore de la part de ceux qui exercent la charge de l’autorité. Il comporte trois éléments essentiels :

1907 : Il suppose, en premier lieu, le respect de la personne en tant que telle. Au nom du bien commun, les pouvoirs publics se tenus de respecter les droits fondamentaux et inaliénables de la personne humaine. La société se doit de permettre à chacun de ses membres de réaliser sa vocation. En particulier, le bien commun réside dans les conditions d’exercice des libertés naturelles qui sont indispensables à l’épanouissement de la vocation humaine : "ainsi : droit d’agir selon la droite règle de sa conscience, droit à la sauvegarde de la vie privée et à la juste liberté, y compris en matière religieuse" (GS 26).

1908 : En second lieu, le bien commun demande le bien-être social et le développement du groupe lui-même. Le développement est le résumé de tous les devoirs sociaux. Certes, il revient à l’autorité d’arbitrer, au nom du bien commun, entre les divers intérêts particuliers. Mais elle doit rendre accessible à chacun ce dont il a besoin pour mener une vie vraiment humaine : nourriture, vêtement, santé, travail, éducation et culture, information convenable, droit de fonder une famille, etc. (cf. GS 26).

1909 : Le bien commun implique enfin la paix, c’est-à-dire la durée et la sécurité d’un ordre juste. Il suppose donc que l’autorité assure, par des moyens honnêtes, la sécurité de la société et celle de ses membres. Il fonde le droit à la légitime défense personnelle et collective.

1910 : Si chaque communauté humaine possède un bien commun qui lui permet de se reconnaître en tant que telle, c’est dans la communauté politique qu’on trouve sa réalisation la plus complète. Il revient à l’Etat de défendre et de promouvoir le bien commun de la société civile, des citoyens et des corps intermédiaires.

1911 : Les dépendances humaines s’intensifient. Ils s’étendent peu à peu à la terre entière. L’unité de la famille humaine, rassemblant des êtres jouissant d’une dignité naturelle égale, implique un bien commun universel. Celui-ci appelle une organisation de la communauté des nations capable de "pourvoir aux divers besoins des hommes, aussi bien dans le domaine de la vie sociale (alimentation, santé, éducation …), que pour faire face à maintes circonstances particulières qui peuvent surgir ici ou là (par exemple : l’accueil des réfugiés, l’assistance aux migrants et à leurs familles …)" (GS 84).

1912 : Le bien commun est toujours orienté vers le progrès des personnes : "L’ordre des choses doit être subordonné à l’ordre des personnes, et non l’inverse" (GS 27). Cet ordre a pour base la vérité, il s’édifie dans la justice, il est vivifié par l’amour.

[3] 1897 "A la vie en société manqueraient l’ordre et la fécondité sans la présence d’hommes légitimement investis de l’autorité et qui assurent la sauvegarde des institutions et pourvoient, dans une mesure suffisante, au bien commun" (PT 46). On appelle "autorité" la qualité en vertu de laquelle des personnes ou des institutions donnent des lois et des ordres à des hommes, et attendent une obéissance de leur part.

1898 Toute communauté humaine a besoin d’une autorité qui la régisse (cf. Léon XIII, enc. "Immortale Dei" ; enc. "Diuturnum illud"). Celle-ci trouve son fondement dans la nature humaine. Elle est nécessaire à l’unité de la Cité. Son rôle consiste à assurer autant que possible le bien commun de la société.

1899 L’autorité exigée par l’ordre moral émane de Dieu : "Que tout homme soit soumis aux autorités qui exercent le pouvoir, car il n’y a d’autorité que par Dieu et celles qui existent sont établies par lui. Ainsi, celui qui s’oppose à l’autorité se rebelle contre l’ordre voulu par Dieu, et les rebelles attireront la condamnation sur eux-mêmes" (Rm 13,1-2 cf. 1P 1P 2,13-17).

1900 Le devoir d’obéissance impose à tous de rendre à l’autorité les honneurs qui lui sont dus, et d’entourer de respect et, selon leur mérite, de gratitude et de bienveillance les personnes qui en exercent la charge. On trouve sous la plume du pape S. Clément de Rome la plus ancienne prière de l’Eglise pour l’autorité politique (cf. déjà 1Tm 2,1-2) : "Accorde-leur, Seigneur, la santé, la paix, la concorde, la stabilité, pour qu’ils exercent sans heurt la souveraineté que tu leur as remise. C’est toi, Maître, céleste roi des siècles, qui donne aux fils des hommes gloire, honneur et pouvoir sur les choses de la terre. Dirige, Seigneur, leur conseil, suivant ce qui est bien, suivant ce qui est agréable à tes yeux, afin qu’en exerçant avec piété, dans la paix et la mansuétude, le pouvoir que tu leur as donné, ils te trouvent propice" (Cor. 61,1-2).

1901 Si l’autorité renvoie à un ordre fixé par Dieu, "la détermination des régimes politiques, comme la détermination de leurs dirigeants, doivent être laissées à la libre volonté des citoyens" (GS 74). La diversité des régimes politiques est moralement admissible, pourvu qu’ils concourent au bien légitime de la communauté qui les adopte. Les régimes dont la nature est contraire à la loi naturelle, à l’ordre public et aux droits fondamentaux des personnes, ne peuvent réaliser le bien commun des nations auxquelles ils se sont imposés.

1902 L’autorité ne tire pas d’elle-même sa légitimité morale. Elle ne doit pas se comporter de manière despotique, mais agir pour le bien commun comme une "force morale fondée sur la liberté et le sens de la responsabilité" (GS 74) : La législation humaine ne revêt le caractère de loi qu’autant qu’elle se conforme à la juste raison ; d’où il apparaît qu’elle tient sa vigueur de la loi éternelle. Dans la mesure où elle s’écarterait de la raison, il faudrait la déclarer injuste, car elle ne vérifierait pas la notion de loi ; elle serait plutôt une forme de violence (S. Thomas d’A., I-II 93,3, ad 2).

1903 L’autorité ne s’exerce légitimement que si elle recherche le bien commun du groupe considéré et si, pour l’atteindre, elle emploie des moyens moralement licites. S’il arrive aux dirigeants d’édicter des lois injustes ou de prendre des mesures contraires à l’ordre moral, ces dispositions ne sauraient obliger les consciences. "En pareil cas, l’autorité cesse d’être elle-même et dégénère en oppression" (PT 51).

1904 "Il est préférable que tout pouvoir soit équilibré par d’autres pouvoirs et par d’autres compétences qui le maintiennent dans de justes limites. C’est là le principe de ’l’Etat de droit’ dans lequel la souveraineté appartient à la loi et non pas aux volontés arbitraires des hommes"

[4] 1913 La participation est l’engagement volontaire et généreux de la personne dans les échanges sociaux. Il est nécessaire que tous participent, chacun selon la place qu’il occupe et le rôle qu’il joue, à promouvoir le bien commun. Ce devoir est inhérent à la dignité de la personne humaine.

1914 La participation se réalise d’abord dans la prise en charge des domaines dont on assume la responsabilité personnelle : par le soin apporté à l’éducation de sa famille, par la conscience dans son travail, l’homme participe au bien d’autrui et de la société (cf. CA 43).

1915 Les citoyens doivent autant que possible prendre une part active à la vie publique. Les modalités de cette participation peuvent varier d’un pays ou d’une culture à l’autre. "Il faut louer la façon d’agir des nations où, dans une liberté authentique, le plus grand nombre possible de citoyens participe aux affaires publiques" (GS 31).

1916 La participation de tous à la mise en oeuvre du bien commun implique, comme tout devoir éthique, une conversion sans cesse renouvelée des partenaires sociaux. La fraude et autres subterfuges par lesquels certains échappent aux contraintes de la loi et aux prescriptions du devoir social doivent être fermement condamnées, parce qu’incompatibles avec les exigences de la justice. Il faut s’occuper de l’essor des institutions qui améliorent les conditions de la vie humaine (cf. GS 30).

1917 Il revient à ceux qui exercent la charge de l’autorité d’affermir les valeurs qui attirent la confiance des membres du groupe et les incitent à se mettre au service de leurs semblables. La participation commence par l’éducation et la culture. "On peut légitimement penser que l’avenir est entre les mains de ceux qui auront su donner aux générations de demain des raisons de vivre et d’espérer"

[5] DISCOURS DU PAPE BENOÎT XVI AUX PARTICIPANTS À L’ASSEMBLÉE PLÉNIÈRE DE L’ACADÉMIE PONTIFICALE DES SCIENCES SOCIALES

Salle du Consistoire Lundi 4 mai 2009

Chers frères dans l’épiscopat et dans le sacerdoce, Mesdames et messieurs,

Alors que vous vous réunissez à l’occasion de la quinzième assemblée plénière de l’Académie pontificale des sciences sociales, je suis heureux d’avoir l’occasion de vous rencontrer et de vous exprimer mon encouragement pour votre mission d’exposer et de diffuser la doctrine sociale de l’Eglise dans les domaines du droit, de l’économie, de la politique et des diverses autres sciences sociales. En remerciant la professeure Mary Ann Glendon pour ses aimables paroles de bienvenue, je vous assure de mes prières afin que les fruits de vos débats continuent de manifester la pertinence éternelle de la doctrine sociale de l’Eglise dans un monde en rapide mutation.

Après avoir étudié le thème du travail, de la démocratie, de la mondialisation, de la solidarité et de la subsidiarité en relation à la doctrine sociale de l’Eglise, votre Académie a choisi de revenir à la question centrale de la dignité de la personne humaine et des droits humains, un point de rencontre entre la doctrine de l’Eglise et la société contemporaine.

Les grandes religions et philosophies du monde ont éclairé certains aspects de ces droits humains, qui sont exprimés brièvement dans la "règle d’or" qu’on trouve dans l’Evangile : "Ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le pour eux pareillement" (Lc 6, 31 ; cf. Mt 7, 12). L’Eglise a toujours affirmé que les droits fondamentaux, au-delà des différentes façons dont ils sont formulés et des différents degrés d’importance qu’ils peuvent avoir dans les divers contextes culturels, doivent être soutenus et reconnus de façon universelle, car ils sont inhérents à la nature même de l’homme, qui est créé à l’image et ressemblance de Dieu. Si tous les êtres humains sont créés à l’image et ressemblance de Dieu, ils partagent une nature commune qui les lie les uns aux autres et qui exige un respect universel. En assimilant l’enseignement du Christ, l’Eglise considère la personne comme "la plus digne de la nature" (Saint Thomas d’Aquin, De potentia, 9, 3) et enseigne que l’ordre éthique et politique qui gouverne les relations entre les personnes trouve son origine dans la structure même de l’existence de l’homme. La découverte de l’Amérique et le débat anthropologique qui a suivi en Europe aux xvi et xvii siècles a conduit à une conscience renouvelée des droits humains en tant que tels, et de leur universalité (ius gentium). L’époque moderne a contribué à façonner l’idée que le message du Christ - étant donné qu’il proclame que Dieu aime chaque homme et femme et que tout être humain est appelé à aimer Dieu librement - montre que chacun, indépendamment de sa condition sociale et culturelle, de par sa nature même, mérite la liberté. Dans le même temps, nous devons toujours nous rappeler que "la liberté a donc besoin d’être libérée. Le Christ en est le libérateur" (Veritatis splendor, n. 86).

Au milieu du siècle dernier, après les grandes souffrances provoquées par les deux terribles guerres mondiales perpétrées par des idéologies totalitaires, la Communauté internationale a acquis un nouveau système de droit international fondé sur les droits humains. Elle semble avoir agi en cela en conformité avec le message que mon prédécesseur Benoît xv proclama en appelant les belligérants de la première guerre mondiale à "transformer la force matérielle des armes en force morale du droit" ("Note aux chefs des peuples belligérants", 1 août 1917).

Les droits humains devinrent le point de référence d’un ethos universel commun - tout du moins dans les intentions - pour la majorité de l’humanité. Ces droits ont été ratifiés par presque tous les Etats du monde. Le Concile Vatican II dans la déclaration Dignitatis humanae, ainsi que mes prédécesseurs Paul VI et Jean-Paul II, ont proclamé avec force le droit à la vie et le droit à la liberté de conscience et de religion comme étant au centre des droits qui découlent de la nature humaine elle-même.

Ces droits humains ne sont pas, à proprement parler, des vérités de foi, bien qu’ils soient identifiables - et même pleinement portés à la lumière - dans le message du Christ qui "manifeste pleinement l’homme à lui-même" (Gaudium et spes, n. 22). Ils reçoivent une confirmation supplémentaire de la foi. Toutefois, il est évident que, vivant et agissant dans le monde physique comme des êtres spirituels, les hommes et les femmes constatent la présence diffuse d’un logos qui leur permet de distinguer non seulement entre le vrai et le faux, mais aussi entre le bien et le mal, le meilleur et le pire, la justice et l’injustice. Cette capacité à discerner - cette action radicale -, rend chaque personne capable de comprendre le "droit naturel" qui n’est rien d’autre que la participation au droit éternel : "unde… lex naturalis nihil aliud est quam participatio legis aeternae in rationali creatura" (Saint Thomas d’Aquin, ST, I-II, 91, 2). Le droit naturel est une orientation universelle qui peut être reconnue par chacun, sur la base duquel tous les peuples peuvent se comprendre et s’aimer les uns les autres. Les droits humains sont donc en ultime analyse enracinés dans la participation de Dieu, qui a créé chaque personne humaine en la dotant d’intelligence et de liberté. Si l’on ignore cette solide base éthique et politique, les droits humains demeurent fragiles, car ils sont privés de leur ferme fondement.

L’action de l’Eglise en vue de promouvoir les droits humains est donc soutenue par une réflexion rationnelle, de façon telle que ces droits peuvent être présentés à tous les peuples de bonne volonté, indépendamment de toute appartenance religieuse. Toutefois, comme je l’ai observé dans mes encycliques, d’une part, la raison humaine doit être constamment purifiée par la foi, dans la mesure où elle est toujours menacée par un certain aveuglement éthique provoqué par des passions désordonnées et des péchés ; et, d’autre part, dans la mesure où les droits humains ont besoin d’être réappropriés par chaque génération et par chaque personne, et dans la mesure où la liberté humaine - qui procède d’une succession de choix libres - est toujours fragile, la personne humaine a besoin d’une espérance et d’un amour inconditionnels qui ne peuvent être trouvés qu’en Dieu et qui conduisent à participer à la justice et à la générosité de Dieu envers les autres (cf. Deus caritas est, n. 18 et Spe Salvi, n. 24).

Cette perspective attire l’attention sur certains des problèmes sociaux les plus critiques des dernières décennies, tels que la conscience croissante - qui est apparue en partie avec la mondialisation et la crise économique actuelle - d’un contraste flagrant entre l’attribution égale des droits et l’accès inégal aux moyens de jouir de ces droits. Pour les chrétiens qui demandent régulièrement à Dieu de "nous donner notre pain quotidien", c’est une tragédie terrible qu’un cinquième de l’humanité souffre encore de la faim. Garantir des réserves de nourriture adéquates, tout comme la protection des ressources vitales telles que l’eau et l’énergie, exige que tous les responsables internationaux collaborent en vue de manifester leur volonté d’œuvrer de bonne foi, en respectant le droit naturel et en promouvant la solidarité et la subsidiarité avec les régions et les peuples les plus faibles de la planète, comme étant la stratégie la plus efficace pour éliminer les inégalités sociales entre les pays et les sociétés et en vue d’accroître la sécurité mondiale.

Chers amis, chers membres de l’Académie, en vous invitant, dans vos recherches et dans vos débats, à être des témoins crédibles et cohérents de la défense et de la promotion de ces droits humains non négociables, qui sont fondés sur le droit divin, je vous donne de tout cœur ma Bénédiction apostolique.

[6] (CONCILE VATICAN II, Gaudium et spes, n°16 : Au fond de sa conscience, l’homme découvre la présence d’une loi qu’il ne s’est pas donnée lui-même, mais à laquelle il est tenu d’obéir. Cette voix, qui ne cesse de le presser d’aimer et d’accomplir le bien et d’éviter le mal, au moment opportun résonne dans l’intimité de son coeur : "Fais ceci, évite cela". Car c’est une loi inscrite par Dieu au coeur de l’homme ; sa dignité est de lui obéir, et c’est elle qui le jugera. La conscience est le centre le plus secret de l’homme, le sanctuaire où il est seul avec Dieu et où sa voix se fait entendre. C’est d’une manière admirable que se découvre à la conscience cette loi qui s’accomplit dans l’amour de Dieu et du prochain. Par fidélité à la conscience, les chrétiens, unis aux autres hommes, doivent chercher ensemble la vérité et la solution juste de tant de problèmes moraux que soulèvent aussi bien la vie privée que la vie sociale. Plus la conscience droite l’emporte, plus les personnes et les groupes s’éloignent d’une décision aveugle et tendent à se conformer aux normes objectives de la moralité. Toutefois, il arrive souvent que la conscience s’égare, par suite d’une ignorance invincible, sans perdre pour autant sa dignité. Ce que l’on ne peut dire lorsque l’homme se soucie peu de rechercher le vrai et le bien et lorsque l’habitude du péché rend peu à peu sa conscience presque aveugle.)

[7] (n°1954 et 1955 : 1954 L’homme participe à la sagesse et à la bonté du Créateur qui lui confère la maîtrise de ses actes et la capacité de se gouverner en vue de la vérité et du bien. La loi naturelle exprime le sens moral originel qui permet à l’homme de discerner par la raison ce que sont le bien et le mal, la vérité et le mensonge : « La loi naturelle est écrite et gravée dans l’âme de tous et de chacun des hommes parce qu’elle est la raison humaine ordonnant de bien faire et interdisant de pécher … Mais cette prescription de la raison humaine ne saurait avoir force de loi, si elle n’était la voix et l’interprète d’une raison plus haute à laquelle notre esprit et notre liberté doivent être soumises (Léon XIII, enc. "Libertas præstantissimum"). »

[8] 1955 La loi "divine et naturelle" (GS 89) montre à l’homme la voie à suivre pour pratiquer le bien et atteindre sa fin. La loi naturelle énonce les préceptes premiers et essentiels qui régissent la vie morale. Elle a pour pivot l’aspiration et la soumission à Dieu, source et juge de tout bien, ainsi que le sens d’autrui comme égal à soi-même. Elle est exposée en ses principaux préceptes dans le Décalogue. Cette loi est dite naturelle non pas en référence à la nature des êtres irrationnels, mais parce que la raison qui l’édicte appartient en propre à la nature humaine : « Où donc ces règles sont-elles inscrites, sinon dans le livre de cette lumière qu’on appelle la Vérité ? C’est là qu’est écrite toute loi juste, c’est de là qu’elle passe dans le coeur de l’homme qui accomplit la justice, non qu’elle émigre en lui, mais elle y pose son empreinte, à la manière d’un sceau qui d’une bague passe à la cire, mais sans quitter la bague (S. Augustin, Trin. 14,15,21). »

[9] (TONY ANATRELLA, Non à la société dépressive, Flammarion, 1993)

[10] (SIMONE WEIL, L’Enracinement. Prélude à une déclaration des devoirs envers l’être humain, Flammarion, 1990)


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