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Ces citations de Benoît XVI à propos de la Parole sont régulièrement enrichies. Les passages les plus centraux sont surlignés en rouge par nous-même afin de faire ressortir les thèmes centraux.
La lecture de la Parole, une activité qui occupe tout le corps et tout l’Esprit :
1) La Parole ne conduit pas uniquement sur la voix d’une mystique individuelle, mais elle nous introduit dans la communauté de tous ceux qui cheminent dans la foi. C’est pourquoi il nous faut non seulement réfléchir sur la Parole mais la lire de façon juste. Tout comme à l’école rabbinique, chez les moines, la lecture accomplie par l’un d’eux est également un acte corporel. " Le plus souvent, quand legere et lectio sont employés sans spécification, ils désignent une activité qui, comme le chant et l’écriture, occupe tout le corps et tout l’esprit", dit à ce propos Dom Leclercq.
Collège des Bernardins, 12 sept. 2008
A propos des moines fondateurs de l’Europe et de la Parole de Dieu : pour une Culture de la Parole.
2)" Quaerere Deum : comme ils étaient chrétiens, il ne s’agissait pas d’une aventure dans un désert sans chemin, d’une recherche dans l’obscurité absolue. Dieu Lui-même a placé des bornes milliaires, mieux, Il a applani la voie, et leur tâche consistait à le trouver et à le suivre. Cette voie était sa Parole qui, dans le livre des Saintes Ecritures, était offerte aux hommes. La recherche de Dieu requiert donc, intrinséquement, une culture de la parole."
Rencontre avec le monde de la culture, au collège des Bernardins, 12 sep. 2008.
Prêtres et évêques, témoins de la Parole :
3) Dans sa Première Lettre, saint Pierre s’adressant aux Anciens se définit comme " presbytre comme eux" ( 5, 1). C’est ainsi qu’il définit le principe de la succession apostolique : le ministère même qu’il avait reçu du Seigneur se perpétue désormais dans l’Eglise par le moyen de l’ordination sacerdotale. La Parole de Dieu n’est pas simplement écrite, mais elle demeure une Parole vivante grâce aux témoins que le Seigneur a fait entrer dans le ministère apostolique, par le biais du Sacrement."
Dans Paul apôtre de l’Unité, médiaspaul Editions, p 50. discours lors de l’ouverture de l’année Saint Paul.
4) Extraits du dicours pour l’inauguration du Synode sur la Parole de Dieu, en la Basilique Saint Paul Hors les murs.
Seule la Parole de Dieu peut changer profondément le cœur de l’homme, et il est alors important que chaque croyant et chaque communauté entrent dans une intimité toujours plus grande avec elle. L’assemblée synodale concentrera son attention sur cette vérité fondamentale pour la vie et la mission de l’Eglise. Se nourrir de la Parole de Dieu est pour elle le devoir premier et fondamental. En effet, si l’annonce de l’Evangile constitue sa raison d’être et sa mission, il est indispensable que l’Eglise connaisse et vive ce qu’elle annonce, afin que sa prédication soit crédible, en dépit des faiblesses et des pauvretés des hommes qui la composent. Nous savons, en outre, que l’annonce de la Parole, à l’école du Christ, a pour contenu le Royaume de Dieu (cf. Mc 1, 14-15), mais le Royaume de Dieu est la personne même de Jésus, qui à travers ses paroles et ses œuvres offre le salut aux hommes de tous les temps. A cet égard, la considération de saint Jérôme est intéressante : « Celui qui ne connaît pas les Ecritures, ne connaît pas la puissance de Dieu ni sa sagesse. Ignorer les Ecritures signifie ignorer le Christ » (Prologue au commentaire du prophète Isaïe : PL 24, 17).
[…] Vénérés et chers frères, que le Seigneur nous aide à nous interroger ensemble, au cours des prochaines semaines de travaux synodaux, sur la manière de rendre toujours plus efficace l’annonce de l’Evangile à notre époque. Nous percevons tous combien il est nécessaire de mettre au centre de notre vie la Parole de Dieu, d’accueillir le Christ comme notre unique Rédempteur, en tant que Royaume de Dieu en personne, afin que sa lumière éclaire tous les domaines de l’humanité : de la famille, de l’école, de la culture, du travail, des loisirs et des autres secteurs de la société et de notre vie. En participant à la célébration eucharistique, nous percevons toujours le lien étroit qui existe entre l’annonce de la Parole de Dieu et le Sacrifice eucharistique : c’est ce même Mystère qui est offert à notre contemplation. Voilà pourquoi « L’Eglise - comme le Concile Vatican II le met en lumière - a toujours vénéré les divines Ecritures, comme elle l’a toujours fait pour le Corps même du Seigneur, elle qui ne cesse pas, surtout dans la sainte liturgie, de prendre le pain de vie sur la table de la parole de Dieu et sur celle du Corps du Christ, pour l’offrir aux fidèles ». Justement, le Concile conclut : « De même l’Eglise reçoit un accroissement de vie par la fréquentation assidue du mystère eucharistique, ainsi peut-on espérer qu’un renouveau de vie spirituelle jaillira d’une vénération croissante pour la parole de Dieu, qui "demeure à jamais" » (Dei Verbum, 21.26)
voir le texte en entier sur :
http://www.generation-benoitxvi.com/
5) discours de clôture du Synode sur la Parole de Dieu, 26 octobre 2008
"Et vous, vous vous êtes mis à nous imiter, nous et le Seigneur, en accueillant la parole, parmi bien des tribulations" écrit saint Paul. "De chez vous, en effet, la parole du Seigneur a retenti, et pas seulement en Macédoine et en Achaïe, mais de tous côtés votre foi en Dieu s’est répandue, si bien que nous n’avons plus besoin d’en rien dire" continue encore l’Apôtre (1 Th 1, 6-8). L’enseignement que nous tirons de cette expérience des Thessaloniciens, une expérience qui unit en vérité toute authentique communauté chrétienne, c’est que l’amour envers le prochain naît de l’écoute docile de la Parole divine. C’est un amour qui accepte aussi de dures épreuves pour la vérité de la Parole divine, et c’est précisément ainsi que le véritable amour grandit et que la vérité resplendit dans tout son éclat. Combien il est alors important d’écouter la Parole et de l’incarner dans l’existence personnelle et communautaire ! […]
Nous tous, qui avons pris part aux travaux synodaux, portons en nous la conscience renouvelée qu’un des devoirs prioritaires de l’Eglise, au début de ce nouveau millénaire, est avant tout de se nourrir de la Parole de Dieu, pour rendre efficace l’engagement de la nouvelle évangélisation. Il faut à présent que cette expérience ecclésiale soit apportée dans toutes les communautés ; il est nécessaire que l’on comprenne la nécessité de traduire en gestes d’amour la parole écoutée, car ce n’est qu’ainsi que l’annonce de l’Evangile devient crédible, malgré les fragilités humaines qui marquent les personnes. Cela demande en premier lieu une connaissance plus intime du Christ et une écoute toujours docile de sa parole
[…] comment vivre l’amour de Dieu et de nos frères sans un contact vivant et intense avec les Saintes Ecritures ? Le Concile Vatican II affirme qu’"il faut que l’accès à la Sainte Ecriture soit largement ouvert aux chrétiens" (Constitution Dei Verbum, n. 22), pour que les fidèles, en rencontrant la vérité, puissent grandir dans l’amour authentique. Il s’agit d’une condition aujourd’hui indispensable à l’évangélisation. Et comme la rencontre avec l’Ecriture, assez fréquemment, risque de ne pas être "un fait" d’Eglise, mais d’être exposée au subjectivisme et à l’arbitraire, une promotion pastorale robuste et crédible dans la connaissance des Saintes Ecritures devient indispensable pour annoncer, célébrer et vivre la Parole dans la communauté chrétienne, en dialoguant avec les cultures de notre époque, en se mettant au service de la vérité et non des idéologies courantes et en accroissant le dialogue que Dieu veut avoir avec tous les hommes (cf. ibid., n. 21). A cette fin, il faut soigner d’une manière particulière la préparation des pasteurs, qui sont par la suite préposés à la diffusion indispensable de la pratique biblique à l’aide de moyens adaptés. Il faut encourager les efforts en cours pour susciter le mouvement biblique parmi les laïcs, la formation des animateurs de groupes, avec une attention particulière aux jeunes. Il faut également soutenir l’effort de faire connaître la foi au moyen de la Parole de Dieu à ceux qui sont "loins" et particulièrement à ceux qui sont à la recherche sincère du sens de la vie.
Je voudrais ajouter bien d’autres réflexions, mais je me limite enfin à souligner que le lieu privilégié où retentit la Parole de Dieu, qui édifie l’Eglise, comme cela a été dit tant de fois au cours du synode, est sans aucun doute la liturgie. Il apparaît en elle que la Bible est le livre d’un peuple et pour un peuple ; un héritage, un testament remis aux lecteurs, pour qu’ils mettent en acte dans leur vie l’histoire du salut témoignée par l’écrit. Il y a donc un rapport d’appartenance réciproque vitale entre le peuple et le Livre : la Bible reste un livre vivant avec le peuple, son sujet, qui le lit ; le peuple ne subsiste pas sans le Livre, parce qu’en lui il trouve sa raison d’être, sa vocation, son identité. Cette appartenance mutuelle entre le peuple et l’Ecriture Sainte est célébrée dans chaque assemblée liturgique, laquelle, grâce à l’Esprit Saint, écoute le Christ, car c’est Lui qui parle quand dans l’Eglise on lit l’Ecriture et on accueille l’alliance que Dieu renouvelle avec son peuple. Ecriture et liturgie convergent, donc, dans l’unique but d’amener le peuple à dialoguer avec le Seigneur. La Parole sortie de la bouche de Dieu et dont témoignent les Ecritures Lui revient sous la forme d’une réponse orante, d’une réponse vécue, d’une réponse débordante d’amour (cf. Is 55, 10-11).
Chers frères et sœurs, prions pour que, de l’écoute renouvelée de la Parole de Dieu, sous l’action de l’Esprit Saint, puisse jaillir un renouveau authentique dans l’Eglise universelle, et dans toutes les communautés chrétiennes. Confions les fruits de cette assemblée synodale à l’intercession maternelle de la Vierge Marie. Je Lui confie également la ii assemblée spéciale du synode pour l’Afrique, qui se déroulera à Rome au mois d’octobre de l’année prochaine. J’ai l’intention de me rendre en mars prochain au Cameroun pour remettre aux représentants des conférences épiscopales d’Afrique, l’Instrumentum laboris de cette Assemblée synodale. De là, s’il plaît à Dieu, je poursuivrai mon voyage, en Angola, per rendre hommage à une des églises subsahariennes plus antique. Que la Très Sainte Vierge Marie, qui a offert sa vie comme "servante du Seigneur" pour que tout advienne selon la parole divine (cf. Lc 1, 38) et qui a appelé à faire tout ce que Jésus dirait (cf. Jn 2, 5), nous enseigne à reconnaître dans notre vie le primat de la Parole qui seule peut nous apporter le salut. Ainsi soit-il !
texte en entier sur
http://www.vatican.va/holy_father/b...
7) à l’issue du déjeuner avec les Pères Synodaux :
Cette assemblée a été également une école de l’écoute. Nous nous sommes écoutés les uns les autres. Il s’est agi d’une écoute réciproque. Et justement en nous écoutant les uns les autres, nous avons mieux appris à écouter la Parole de Dieu. Nous avons vu combien est vraie la parole de saint Grégoire le Grand : l’Ecriture croît avec celui qui la lit. C’est seulement à la lumière des différentes réalités de notre vie, dans la confrontation avec la réalité de chaque jour que se découvrent les potentialités, les richesses cachées de la Parole de Dieu. Nous voyons que, vis-à-vis de la réalité, s’ouvre de manière nouvelle également le sens de la Parole qui nous est donnée dans les Saintes Ecritures.
Ainsi, nous nous sommes réellement enrichis. Nous avons vu qu’aucune méditation, aucune réflexion scientifique ne saurait par elle-même tirer de cette Parole de Dieu tous les trésors, toutes les potentialités qui se découvrent seulement dans l’histoire de chaque vie.
http://www.vatican.va/holy_father/b...
8)Le lien entre piété mariale et Parole de Dieu ( lors de la rencontre avec le clergé de Rome, réponse aux jeunes prêtres, Jeudi 26 février 09 )
Le rapport entre la Parole de Dieu et la piété mariale « Réellement, Marie est la femme de l’écoute : nous le voyons lors de la rencontre avec l’Ange, et nous le revoyons dans toutes les scènes de sa vie, depuis les Noces de Cana jusqu’à la Croix et jusqu’au jour de la Pentecôte, quand elle est au milieu des Apôtres précisément pour accueillir l’Esprit. Elle est le symbole de l’ouverture, de l’Eglise qui attend la venue du Saint-Esprit. « Au moment de l’annonce, nous pouvons saisir déjà l’attitude de l’écoute – une écoute vraie, une écoute à intérioriser, qui ne dit pas simplement oui, mais assimile la Parole – et puis faire suivre la véritable obéissance, comme si c’était une Parole intériorisée, c’est-à-dire devenue Parole en moi et pour moi, comme forme de ma vie. Cela me semble très beau : voir cette écoute active, une écoute donc qui attire la Parole de manière à ce qu’elle entre et devienne en moi Parole, en y réfléchissant et en l’acceptant au plus intime du cœur. Ainsi, la Parole devient Incarnation. « Nous voyons la même chose dans le Magnificat. Nous savons que c’est un tissu fait avec des paroles de l’Ancien Testament. Nous voyons que Marie réellement est une femme d’écoute, car elle connaissait dans son cœur l’Ecriture. Elle ne connaissait pas seulement quelques textes, mais elle était tellement identifiée avec la Parole que les paroles de l’Ancien Testament, deviennent, synthétisées, un chant dans son cœur et sur ses lèvres. Nous voyons que sa vie était réellement pénétrée de la Parole ; elle était entrée dans la Parole, elle l’avait assimilée, et elle était devenu vie en elle, en se transformant ensuite de nouveau en Parole de louange et d’annonce de la grandeur de Dieu. « Il me semble que saint Luc, parlant de Marie, dise au moins trois fois, peut-être quatre fois, qu’elle a assimilé et conservé les Paroles dans son cœur. Elle était, pour les Pères, le modèle de l’Eglise, le modèle du croyant qui conserve la Parole, qui porte en lui la Parole ; il ne la lit pas seulement, il l’interprète avec son intelligence pour savoir ce qu’elle était en ce temps-là, quels sont les problèmes philologiques. Tout cela est intéressant, important, mais il est plus important d’entendre la Parole qui doit être conservée et qui devient Parole en moi, vie en moi et présence du Seigneur. Pour cela, il me semble important ce nœud entre mariologie et théologie de la Parole, dont ont parlé également les Pères Synodaux, et dont nous parlerons dans le Document post-synodal ».
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