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Concilier son couple avec ses besoins de distractions. P. Bonnet

mercredi 27 janvier 2010, par Anne


Ma femme me reproche mes soirées de bridge. Dois-je les abandonner ? Ne puis-je avoir mes moments de détente personnelle ?

Couple en construction ? couple mature ? couple en mutation ?

Si j’avais à répondre à cette question en direct, je pense que je commencerais à demander aux intéressés le nombre de leurs années de mariage ! Car l’équilibre entre travail, vie associative, loisirs personnels, loisirs familiaux, loisirs de couple, vie familiale avec les enfants etc. Dépend à l’évidence à la fois de l’âge des enfants, s’il y en a, et de la situation conjugale. On ne se comporte pas de la même manière au sein d’un couple en construction, d’un couple mature ou d’un couple en mutation, comme cela arrive une ou plusieurs fois au cours de la vie conjugale.

On peut négocier sans reprocher !

Deuxième remarque, il est clair qu’il est possible de négocier avec son mari sans lui faire de reproches. Ce parti pris de négociation est à mettre en place dès le début du mariage. Ceux qui m’ont connu durant mes premières années de mariage peuvent attester que j’avais une forte conscience (Dieu me le pardonne !) d’être le chef de famille. Or, dès les tout premiers mois de mariage, j’ai renoncé non seulement aux tournois de bridge, que je faisais avec le frère de mon épouse comme coéquipier, mais au bridge tout court ! Au grand étonnement de mon père qui disait plaisamment que j’aurais joué aux cartes « le derrière dans l’eau ». Ma femme avait horreur des cartes, elle m’avait délicatement fait comprendre qu’elle préférait de beaucoup passer la soirée avec moi que de me voir rentrer après un tournoi de bridge, puant le fumée de tabac des autres et les yeux rougis par ladite fumée. Je suis convaincu que ce total abandon des cartes, jusqu’à ce que nos grands enfants réussissent à faire jouer leur maman de temps à autre au « barbu » ou au tarot m’aurait été beaucoup plus difficile, s’il m’avait été explicitement demandé et en outre avec des reproches.

Quelques exemples personnels !

Trois années plus tard, j’ai abandonné le football en club à cause des longs déplacements, me contentant du tournoi inter ateliers de mon employeur. Ma femme a d’ailleurs très bien accepté que je participe à ce tournoi inter ateliers, non seulement en foot mais en volley-ball et même une fois en basket. Elle m’a également « autorisé » à faire deux matches de foot en fin de saison pour aider mon ancien club à éviter la descente en division inférieure.

A l’inverse, c’est moi qui ai convaincu mon épouse de se mettre au tennis en même temps que moi après la naissance de notre sixième enfant. Nous avons joué tous les deux pendant des années, en simple et en mixte. Le fait d’avoir trouvé, après treize ans de mariage, un sport à pratiquer soit en même temps, soit ensemble, soit parfois séparément (en équipe de femmes pour elle et d’hommes pour moi) a été un grand facteur d’équilibre dans notre couple. Cela a facilité le fait que nous ayons également, l’un comme l’autre, des activités ou des moments de détente personnelle.

Se former à la communication avec l’autre, c’est utile

L’important, ce n’est pas seulement dans le couple, le dialogue, la communication, c’est aussi l’habitude de la négociation. Pour amener l’autre à négocier, le reproche ou l’invective ne sont pas les meilleurs moyens. Il faut arriver à poser le problème à l’autre et, pour cela, tenir grand compte de son type de personnalité. Avec les émotifs ou émotives, l’écrit peut être bien préférable à l’oral ! Il est capital également de savoir que, lorsqu’on entre en négociation, il ne faut pas chercher à faire plier l’autre mais à trouver un compromis où personne n’ait le sentiment de perdre la face ! Enfin, mais c’est une évidence, un homme et une femme ne « fonctionnent » pas de la même manière. Il faut donc se former à communiquer avec l’autre sexe. Dans ce domaine, il existe de nombreux mouvements et des associations chrétiennes qui apportent quelque chose d’utile aux couples désireux de progresser dans le dialogue.

Père Yannik Bonnet


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