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D’où vient l’épidémie du divorce, qui touche tous les âges, tous les milieux sociaux, et, ce qui est inquiétant, même les chrétiens pratiquants ?
On me pose bien souvent la question et, s’il n’est pas étonnant que le divorce accompagne la déchristiannisation du plus grand nombre, le fait que l’épidémie contamine également le petit pourcentage des chrétiens, restés pratiquants, oblige à réfléchir en profondeur avant de répondre. En effet, celui qui bénéficie des grâces données dans les sacrements n’est certes pas à l’abri des tentations ni des faux pas, mais de là à briser un couple, à causer des blessures graves au conjoint et aux enfants, il y a là un fossé à franchir qui, avec l’aide du temps nécessité par une telle décision, devrait permettre à l’intéressé de faire demi tour.
Plus j’y pense, plus il me semble que la difficulté de s’engager dans le mariage est en corrélation avec la difficulté à répondre à une vocation religieuse ou sacerdotale et, de même, que l’épidémie du divorce dans les milieux catholiques pratiquants est en corrélation avec les départs de consacrés et de prêtres. Or nous sommes en 2008, 40 ans après mai 68, et les ruptures de prêtres et de consacrés touchent des hommes et des femmes dont la vocation est née dans une mouvance spirituelle aux antipodes des chrétiens soixanthuitards, voire dans une mouvance « tradi ».
Or, que nous dit Jean Paul II dans l’exhortation apostolique « Pastores dabo vobis » ? La formation humaine est le fondement de toute la formation sacerdotale. Et le Pape de consacrer les numéros 43 et 44 de cette exhortation à développer ce thème. Il parle de la nécessaire « construction de personnalités équilibrées, fortes et libres », de « l’éducation à l’amour de la vérité, à la loyauté, au respect de toute personne, au sens de la justice, à la fidélité à la parole donnée…à la cohérence et en particulier à l’équilibre du jugement et du comportement ». Il insiste sur la maturité affective, sur l’authentique éducation sexuelle, la maîtrise de soi, le service du prochain et la formation de la conscience morale.
Or nous retrouvons dans cette liste les fondements nécessaires au mariage, qu’il soit ou non couronné par le sacrement ou Dieu fait alliance avec le couple qui s’engage. Autrement dit, une fois de plus, le surnaturel s’appuie sur le naturel et la grâce ne fait pas l’économie de la nature. Comme il a raison ce prêtre versaillais, qui secoue vigoureusement les jeunes cathos pratiquants qui, le samedi soir, témoignent dans les soirées de leur immaturité affective, de la non structuration de leur conscience morale, de leur non respect de la personne de l’autre, dont ils savent bien qu’il s’agit d’un enfant du Père, d’un frère ou d’une sœur du Christ, d’un temple de l’Esprit Saint. Que les familles catholiques pratiquantes s’interrogent sur la place de l’argent, des loisirs, des portables et des jeux vidéo, dans leur existence ! Qu’elles forment leurs enfants, dès leur plus jeune âge, à la droiture, au courage, au travail, au respect, bref, à tout ce qui contribue à permettre l’éclosion de personnalités, matures, solides. Certes, les parents n’ont pas obligation de résultats, mais ils ont obligation de moyens.
Père Yannik Bonnet
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