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mercredi 17 février 2010
Le catholique sait qu’il est pour Dieu un être unique, voulu comme tel de toute éternité, destiné au bonheur sans fin à une place qui lui est réservée. Le merveilleux Cantique aux Ephésiens de l’apôtre Paul nous détaille ce plan d’amour trinitaire, qui ne peut se réaliser sans le consentement de notre libre arbitre, signe de l’amour humain qui répond à celui de son Créateur (Eph. 1, 3-10).
Or l’être humain est, par nature, complexe puisque la personne est esprit, fait à l’image de Dieu, uni à un corps animal et pourvue d’une âme sensible, en quelque sorte interface entre ce corps et cet esprit. La personne est un tout, les maux subis par notre corps affectent notre âme sensible et réciproquement ; on parle, à juste titre de maladies psychosomatiques (psyché : âme ; soma : corps). Mais ce qui touche l’esprit, en mal le péché, en bien la grâce, n’est pas sans effet sur l’âme et le corps. En retour les maux du corps et les blessures de l’âme éprouvent notre esprit, peuvent inciter au désespoir ou à la révolte.
Depuis le péché originel, le mal sous toutes ses formes, qui est selon St Thomas d’Aquin privation du bien, spirituel, moral, mental, physique, éprouve notre personne et, dans le Notre Père, nous prions pour que cette épreuve ne nous terrasse pas et que le Seigneur nous délivre du Malin, du Mauvais, qui orchestre toutes ces attaques du mal. Notre participation à l’action bénéfique du Père est de faire ce qui est en notre pouvoir pour enrayer ce mal. Le corps fait partie de notre personne, nous devons le traiter comme le bon serviteur que Dieu a voulu qu’il soit. Il ne s’agit pas d’en faire une idole, de le dorloter, de passer notre temps à nous inquiéter à son propos. Il existe aujourd’hui dans une partie de notre société occidentale un véritable culte du corps qui est une réelle idolâtrie. Ne parlons pas de la beauté de ce corps, qui pousse nombre de nos contemporains à se détruire la santé pour être en permanence mince, bronzé, juvénile, quels que soient leur morphologie, leur âge ou la nature de leur teint.
Mais la question de la santé mérite notre réflexion puisque nos anciens prônaient « l’esprit sain dans un corps sain » et qu’ils n’étaient pas forcément dépourvus de bon sens. On voit bien d’ailleurs que ceux qui font a contrario tout ce qu’ils peuvent pour ruiner leur santé ont bien du mal à garder la santé spirituelle et morale, la conscience professionnelle, le respect de leurs devoirs d’état. Avant même d’aborder l’attitude à avoir face à la maladie, qui peut frapper chacun de nous à tout moment, il est utile de rappeler que le préventif précède le curatif. Un e bonne hygiène de vie, une pratique équilibrée de l’exercice physique, l’élimination de la consommation des excitants et des dopants, une alimentation saine et une grande modération dans l’usage de ce bon vin, qui réjouit le cœur de l’homme, une régularité dans les plages de repos et de sommeil, tout cela concourt à une bonne santé. J’ajouterai volontiers la bonne connaissance de ce corps, qui a un patrimoine génétique unique et qui ne permet pas à tout un chacun de faire et de supporter ce que d’autres peuvent se permettre.
Mais entendons-nous bien, ce corps pour être fort doit être aguerri et il a besoin de surmonter des épreuves ; c’est pourquoi le jeûne, par exemple, a toujours fait partie de cet entraînent du corps, que la tradition chrétienne appelait l’ascèse. Le pèlerinage « au long cours », à cause de ses exigences physiques, est aussi un bien pour la personne à condition qu’elle respecte les limites qui lui sont propres. Certains peuvent être appelés à des modifications importantes mais il ne doit pas s’agir d’un défi orgueilleux que l’on s’impose mais la réponse à un appel particulier du Seigneur, qui doit être authentifié par l’Eglise. D’où un des avantages d’avoir un père spirituel qui, de part le sacrement du sacerdoce, reçoit de l’Esprit Saint le don de conseil.
Et puis, bien sûr, il y a la maladie, la vraie, la sérieuse, qui nous handicape, qui menace jusqu’à notre vie ou qui nous diminue, dont la guérison est loin d’être assurée. Comme l’a dit un ami chirurgien à mon épouse, au début de sa « longue maladie » : « il faut prier comme si tout dépendait de Dieu et faire confiance aux professionnels qui feront tout comme si cela dépendait d’eux ». Le malade, qui se soigne, mobilise toute son énergie et se confie à Dieu, réconforte son entourage, le fait participer à son combat, donne un témoignage d’Espérance.
Et cela ne l’empêche nullement d’accepter sereinement de quitter cette vie, si c’est la volonté du Père. La vie terrestre est un merveilleux don de Dieu, la protéger et la défendre est un devoir moral. La vie éternelle surpasse tout ce qu’on peut imaginer et le bon combattant, comme dit Saint Paul, s’en va toucher sa récompense.
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