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Le sanctuaire

jeudi 9 août 2007


IL FAUT plus que cela pour créer un Sanctuaire impor­tant. Ce fut l’œuvre providentielle de M. l’abbé Fontanille. Né en 1841, il appartenait à une famille bourgeoise du Puy. Séminariste, il vint en promenade avec ses collègues dans l’oratoire improvisé. Il ressentit, intérieu­rement et intensément, le désir de se consacrer à cette oeuvre. Son évêque le mit en condition pour qu’il puisse la réaliser. Appelé au sacerdoce, il fut nommé "prêtre-custode" de la cathédrale du Puy. Maître de son temps, il se mit au travail, avec un acharnement, un enthousiasme et une exaltation dont seule la mort aurait raison. Il mourut en 1918, sur les lieux mêmes du pèlerinage, sans un sou vaillant, car il avait acquis le rocher, bâti une école, aménagé la grotte-chapelle et son annexe, érigé la statue monumen­tale, et entrepris la construction de La basilique.

Grâce à lui, et à de nombreuses aides (sans oublier la Communauté des Jésuites de Vals) le plus important Sanc­tuaire de France dédié à Saint Joseph était né, sous le vocable de SAINT JOSEPH DE BON ESPOIR.

Certains regretteront qu’aucune légende ne vienne colorer, embellir l’histoire du Sanctuaire. Qu’a-t-il à y perdre ? Il est l’œuvre des pauvres, des humbles villageois qui "donnèrent un coup de main", en chantant sur le trajet, pour se garder vaillants : En avant, montons au rocher, Et du courage, Gens du village ! En avant, montons au rocher Pour Joseph allons travailler… Leur chef de file fut cet abbé Fontanille, d’abord riche et considéré, puis ruiné, au point de mendier quelques légumes, quelques choux ventrus, auprès des jardiniers d’Espaly, et quelques hosties auprès du sacristain des Frères du Sacré Cœur (dont le bâtiment est au pied du rocher, sur l’autre rive de la Borne).

Pas de légende, mais un fondateur légendaire que l’on put voir un jour au Puy, sous son grand chapeau ecclésiastique aux bords crasseux, dans une soutane élimée, s’appuyant sur un parapluie désarticulé, et tirant à lui deux chèvres famé­liques, qu’il trairait à son arrivée, pour subsister. Il avait bien été nommé chanoine mais chacun sait que cette distinction honorifique n’a jamais nourri son homme ! Son amour pour Saint Joseph aura été toute sa richesse, permettant l’existence de ce Sanctuaire où Saint Joseph se plaît depuis à répandre tant de grâces…merci à l’abbé Fontanille !


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