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Mgr Brincard nous parle de Caritas in Veritate

mardi 18 août 2009, par Anne


Dans son allocution à l’évêché après la messe du 15 Août, Mgr Brincard a exposé le sens de l’encyclique Caritas in Veritate. Voici un extrait, le texte entier est disponible sur le site du diocèse du Puy

Une nouvelle loi élargit les possibilités de travailler le dimanche. Je ne suis pas le seul dans l’épiscopat à m’en inquiéter sérieusement. En défendant le principe intangible du repos dominical, principe souffrant des exceptions mais non point des dérogations, l’Eglise catholique souligne que le Jour du Seigneur est aussi « le jour de l’homme »(Jean-Paul II, Lettre apostolique « Dies Domini », chap 4), un jour favorisant donc la cohésion sociale tout en demeurant le signe nécessaire que « l’homme ne vit pas seulement de pain ».(Lc 4, 4)

Il y a quelques mois a surgi une crise financière et économique dont l’ampleur et la durée n’ont certes pas surpris les observateurs honnêtes et perspicaces. Peu de pays ont échappé à ce « tsunami » causé en partie par l’avidité et la cupidité. Parmi les effets dévastateurs de l’ouragan financier, il y a un chômage accru, causant de nouvelles souffrances à ceux qui gagnent modestement leur vie. Je me réjouis de tous les efforts entrepris pour remédier à une telle situation. Il y sûrement encore beaucoup à faire car le fléau du chômage continue à interpeller directement chacune de nos consciences : demandons-nous comment vivre mieux, avec moins, en vue de partager davantage ? Pour notre Eglise diocésaine, cela signifiera réfléchir sur les nouvelles initiatives que nous pouvons prendre au service des petits et des pauvres.

La crise est-elle derrière nous ? Rien n’est moins sûr même si, ici et là, des signes de reprise apparaissent. Quelle leçon allons-nous donc tirer des moments difficiles que nous connaissons encore ? Dans un document récent, intitulé Caritas in Veritate , Benoît XVI nous livre sa pensée que je qualifierais volontiers de prophétique. La question à laquelle Benoît XVI veut répondre est celle-ci : nous parlons beaucoup de la nécessité d’assurer sur des bases solides le développement de l’homme et celui des peuples mais que signifie donc le terme « développement » ? Afin de répondre correctement, affirme le pape, il faut se souvenir en tout premier lieu que l’homme est une personne. A ce titre, il a une dignité qui lui est propre et une finalité d’une grandeur unique. C’est pourquoi « tout programme de développement doit prendre en compte non seulement la croissance matérielle mais encore la croissance spirituelle de la personne humaine, dotée d’âme et de corps ». ( Benoît XVI, Audience générale du 8 juillet 2009)

Il en résulte à l’évidence que le politique, l’économique et le social ne peuvent faire abstraction de l’éthique sans courir à l’échec et même – disons-le de manière brutale – à la ruine complète. Avec une audace inouïe, le Pape ajoute que le religieux chrétien peut rendre un service particulier à la construction de la cité des hommes. En effet, il y a chez l’homme une recherche insatiable de l’absolu dans l’ordre du vrai et du bien. Cette recherche ouvre l’esprit humain à la question de la transcendance et le dispose à la Révélation, en Jésus Christ, de « ce que l’œil n’a pas vu, ni l’oreille entendu »(1 Co 2, 9). A propos de la Révélation chrétienne, le Pape affirme : « C’est la conscience de l’amour indestructible de Dieu qui nous soutient dans l’engagement, rude et exaltant, en faveur de la justice, du développement des peuples avec ses succès et ses échecs, dans la poursuite incessante d’un juste ordonnancement des réalités humaines. L’amour de Dieu nous appelle à sortir de ce qui est limité et non définitif ; il nous donne le courage d’agir et de persévérer dans la recherche du bien de tous … »(“Caritas in veritate”, conclusion).

A partir de telles considérations sur ce qu’implique un développement intégral de l’homme, Benoît XVI examine attentivement différentes questions d’une actualité brûlante. Pour en apporter la preuve, qu’il me suffise de citer un extrait de son enseignement magistral : « L’activité économique ne peut résoudre tous les problèmes sociaux par la simple extension de la logique marchande ». … C’est pourquoi « la doctrine sociale de l’Eglise estime que les relations authentiquement humaines, d’amitié et de sociabilité, de solidarité et de réciprocité, peuvent également être vécues même au sein de l’activité économique et pas seulement en dehors d’elle ou « après » elle. La sphère économique n’est, par nature, ni éthiquement neutre, ni inhumaine et antisociale. Elle appartient à l’activité de l’homme et, justement parce qu’humaine, elle doit être structurée et organisée institutionnellement de façon éthique ».(“Caritas in veritate”, 36)

Puisque j’ai la joie d’accueillir parmi vous des personnes exerçant des responsabilités politiques, sociales ou économiques, je leur suggère de lire attentivement « Caritas in veritate ». Nous pourrons ensuite, si vous le voulez bien, échanger des réflexions utiles au cours d’un dialogue fructueux. Je vous en remercie d’avance.


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